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Mon école dans la savane

  • Lucas Campinos
  • 27 mars 2014
  • 3 min de lecture

Ma nouvelle école au village est très chouette. Bien mieux que celle de Nairobi où je ne comprenais rien et où ils nous faisaient travailler toute la journée. Le matin j´enfile mon uniforme (ma chemise ne ferme pas bien car le couturier s´est trompé de boutons), je mets toutes mes affaires dans mon sac à dos (un crayon de bois, une gomme et un cahier) et je fonce vers le parking attendre mon piki-piki. Ça énerve maman parce-que je suis si pressé que je ne passe pas par la cuisine pour petit déjeuner ni par la salle de bain pour me coiffer ou me laver. Sur la moto, je m´assieds devant le conducteur, les mains accrochées au guidon comme ça je vois super bien les trous à éviter et les animaux sauvages que nous croisons en chemin.


J´arrive toujours à l´heure, les enfants en retard se font parfois taper. Papa et maman disent que ce n´est pas bien mais ce n´est pas eux qui commandent ici. Ma prof est gentille, elle m´a tout bien expliqué le premier jour : la moitié droite du tableau est pour ma classe et la moitié gauche pour les grands qui partagent notre salle. De toutes façons, on n´est pas souvent en classe. Il y a tout le temps des pauses et on passe notre temps dans la cours de récréation. On joue au foot avec une balle faite de sacs plastiques et de papiers qu´on a trouvé un jour sur la piste, on grimpe aux arbres, on chasse à coups de pierres les moutons qui viennent brouter les ordures et on empêche les petits de tomber dans le trou au milieu de la cours (mon père me dit que c´est un bassin pour récupérer l´eau de pluie mais je ne crois pas car il est surtout plein de poubelles). Les toilettes sont super crades : il n´y a pas d´eau, ils sont cassés et sont pleins de moustiques alors on préfère tous pisser derrière le bâtiment.


A midi, c´est riz-patate, riz-chou blanc ou riz-lentille (mon préféré) et nous avons parfois une banane pour le dessert. Maman se plaint car le directeur avait promis que nous mangerions bien – moi je m´en fiche car je me rattrape le soir: c´est Johmark au campement qui cuisine pour nous et il fait souvent des gâteaux pour les clients qui fêtent leur anniversaire. J´ai ma bouteille d´eau que je rempli avant de venir à l´école mais j´oublie souvent alors je bois l´eau de la rivière bouillie comme tout le monde. Elle n´est pas toujours très propre surtout quand c´est la saison sèche.


A 3 heures de l´après midi, on retourne dans la cours en attendant les parents. Comme ma chemise ne ferme pas bien, mon bidon est à l´air. Maman grogne un peu car je suis plein de terre et il faut laver mon uniforme très souvent. Je me fiche des tâches mais il faut quand même faire attention car ils tapent les enfants qui sont trop sales. C´est pas juste car ils n´ont pas d´eau chez eux. D´ailleurs quand ma classe est venue visiter notre campement, ce sont les robinets d´eau qu´ils ont préféré. Ils ne pouvaient pas s´empêcher de les ouvrir et de les fermer.


Quand mes parents viennent me chercher, les enfants veulent tous monter dans la voiture. On laisse passer ceux qui vivent super loin de l´école car ils viennent à pied et on fait des tours pour les autres. Ils sont tout excités et je dois bien les contrôler pour qu´ils ne mettent pas leurs pieds sur les sièges. Quand mes parents n´ont pas le temps de passer me chercher, je vais au Sundowner, le bar du père de mon meilleur ami Mechak qui est aussi le directeur de l´école. Sa mère m´offre un thé super sucré et un beignet mandazi - mon goûter préféré. On regarde à la télé du bar les vidéo clips de chansons Maasai qu´ils mettent super fort et quand j´ai mal aux oreilles, on part jouer dans la rue. Il y a toujours plein d´enfants à Mara Rianda alors il y a toujours quelque chose à faire. Et quand mes parents sont trop occupés pour venir me chercher, maman appelle le bar pour qu´il me confient à un taxi moto. Deux voyages en piki-piki dans la journée c´est trop top !

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